Epic Games engage ses équipes de développement dans un virage massif vers l’intelligence artificielle. Selon Bloomberg, une partie des développeurs a reçu la consigne de travailler en « AI-first », avec des outils comme Claude d’Anthropic. Le studio et son PDG Tim Sweeney ont confirmé le cap le 12 octobre. En revanche, aucun nouveau licenciement n’a été rapporté, et Epic assure que les 1 000 départs de mars n’étaient pas liés à l’IA.
Ce que révèle Bloomberg
Dans une enquête signée Jason Schreier, Bloomberg décrit un jeu Disney non annoncé, un shooter réunissant des personnages Marvel et Star Wars. Le projet, attendu à l’origine au printemps, est repoussé sans nouvelle date. Epic aurait sous-estimé les effectifs nécessaires pour le développer.
Pour rattraper le retard, les équipes ont appris lors d’une visioconférence que le jeu serait produit en « AI-first ». D’après le média, la consigne portait sur la fin du code écrit à la main et sur des visuels « générés avec des workflows full IA ». Les développeurs, décrits comme sidérés, auraient pour rôle de piloter et de vérifier le travail des outils.
Epic et Tim Sweeney confirment le virage
Epic a répondu, par la voix d’un porte-parole (son directeur de la communication, Jake Jones, selon jeuxvideo.com), que le studio « embrasse le développement accéléré par l’IA » et que ses développeurs restent aux commandes de la création. Sur X, Tim Sweeney a parlé d’un « huge pivot » en cours chez Epic, avec des développeurs déplacés pour se réoutiller « pour une accélération maximale par l’IA ».
Le dirigeant précise que l’objectif n’est pas de faire la même chose avec moins de monde, mais de permettre aux équipes de produire davantage et mieux, avec des bénéfices partagés avec les équipes qui utilisent l’Unreal Engine. Il n’a pas commenté le report du jeu Disney.
Les licenciements : aucun lien établi avec l’IA
Les licenciements dont il est question datent du 24 mars 2026. Epic avait alors supprimé environ 1 000 postes, soit près de 20 % de ses effectifs, pour retomber à environ 4 000 salariés, tout en annonçant plus de 500 millions de dollars d’économies supplémentaires, selon jeuxvideo.com. Le studio avait invoqué un ralentissement de l’engagement sur Fortnite, un marché plus difficile et ses batailles judiciaires contre Apple et Google. Epic avait alors affirmé que ces départs n’avaient aucun rapport avec l’IA.
Aucune source consultée ne fait état de nouvelles suppressions de postes depuis la révélation de Bloomberg. Le sujet reste sensible : les deux annonces, très rapprochées dans l’histoire du studio, nourrissent le débat sur la place de l’IA dans l’emploi, dans une industrie déjà marquée par de nombreux plans sociaux.
Ce qui reste à clarifier
Le périmètre : la consigne rapportée par Bloomberg concerne le jeu Disney. Les propos de Sweeney laissent penser à une ambition plus large, sans confirmation d’un mandat valable pour tout le studio.
Les effectifs : Epic n’a pas dit combien de développeurs sont réaffectés, ni si de nouveaux recrutements sont prévus.
Le calendrier : le jeu Disney n’a plus de date de sortie, et Disney n’a pas réagi.



